Emission Voix Bouddhistes
du 29 Juillet 2001
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Le titre de l'émission de cette semaine fait référence aux conseils donnés par le Bouddha Shakyamuni aux dirigeants de son époque. Pour démontrer l'actualité de ces conseils et leur caractère toujours approprié à notre époque, Voix Bouddhistes reçoit le Vénérable Pasadika. Moine theravada depuis quarante ans et membre de la Congrégation Linh Son, le Vénérable Pasadika réside en Allemagne où il enseigne la philosophie indienne et bouddhiste à l'université de Marbrug.
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Les deux soutras auxquels cette émission fait référence sont le Mahaparinibhana Sutta et le Cakkavattisihanada Sutta. Ils font tous deux partie du Digha Nikaya, les longs discours du Bouddha. |
Voix bouddhistes - Vous avez mentionné le soutra des rois universels. Quelles en sont les références exactes ? Vén. Pasadika - En fait, par manque de temps, on a confondu deux soutras lors de l'émission. Le premier est le Mahaparinibhana Sutta, qui est dans le Digha Nikaya, les longs discours du Bouddha. C'est un classique. Le second est le Cakkavattisihanada Sutta, qui est aussi dans le Digha Nikaya. Voix bouddhistes - Ces soutras sont-ils facilement accessibles ? Vén. Pasadika - En français, il n'existe à ma connaissance qu'une seule traduction du Digha Nikaya, celle de Jules Bloch et Jean Filliozat, chez Adrien Maisonneuve, mais ce n'est pas une traduction complète. On trouvera une traduction complète du Digha Nikaya en anglais,
chez Wisdom Publications, sous le titre "The long discourses of the
Buddha". C'est une très bonne traduction de Maurice Walshe,
très claire, en bon anglais. Voix bouddhistes - On y trouve clairement traité le sujet de l'émission ? Vén. Pasadika - Si on veut vraiment clarifier, le mieux est d'étudier le début du Mahaparinibhana Sutta, et c'est facilement accessible. |
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| La place de l'approche rationnelle dans le bouddhisme est ce qui distingue le plus l'approche bouddhiste des approches théistes. |
Voix bouddhistes - Vous avez à plusieurs reprises fait référence au rôle, à l'importance de l'approche rationnelle. Pourriez-vous brièvement rappeler l'importance de cette approche rationnelle dans le bouddhisme ? Vén. Pasadika - Je pense que l'approche rationnelle dans le bouddhisme est ce qui distingue le plus l'approche bouddhiste de l'approche théiste. Dans l'approche théiste, bien sûr il y a Dieu, le Dieu créateur, qui est absent du bouddhisme. Certains critiquent fortement le bouddhisme pour cette raison. Mais si on garde l'esprit ouvert, si on écoute et qu'on essaye de comprendre ce que disent les bouddhistes, on trouve en fait des idées vraiment similaires. C'est à dire l'importance de l'éthique et de la moralité, ou de l'amour tendresse et de l'altruisme. Une chose importante : dans le christianisme, on insiste sur le fait que pour purifier son esprit, il faut vivre une bonne vie, avoir un comportement éthique. Mais selon le point de vue bouddhiste, la façon dont c'est fait dans le christianisme n'est pas très rationnelle : " il faut faire cela ", " il faut penser ainsi ", " sinon viendra la punition, le purgatoire, ". Bien sûr, c'est une stratégie, la stratégie de la menace. Dans le bouddhisme, c'est plus subtil. La menace peut-être appropriée pour certains. L'accent mis
sur une fois absolue et inconditionnelle peut attirer l'adhésion,
par peur ou par culpabilité, et ça marche. Mais dans la
psychologie moderne par exemple, tout le monde est d'accord sur le fait
que mettre cette pression, jouer sur la culpabilité, ça
n'est pas très bon. |
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On peut facilement reconnaître que de manière générale l'égoïsme est la racine de la souffrance. Mais pour le voir en partant de son propre égocentrisme, la pratique de la méditation est nécessaire. |
Voix bouddhistes - Vous avez également dit que l'egocentrisme est la racine de la souffrance. Mais peu de gens reconnaissent qu'ils sont egocentriques Vén. Pasadika - On dit même qu'être egocentrique, c'est être vraiment un homme, qu'il faut montrer qu'on a du pouvoir. Beaucoup de gens pensent que la personnalité repose sur l'égoïsme, que sans égoïsme on est faible. Mais si on analyse ce genre d'idée, sur le long terme on va se rendre compte que l'égoïsme est la racine de la souffrance, de l'intolérance, que d'autres êtres vont en souffrir. On peut facilement reconnaître que de manière générale
l'égoïsme est la racine de la souffrance. Mais c'est difficile
à voir concrètement pour soi-même, en partant de son
propre égocentrisme
La pratique de la méditation est
nécessaire pour cela. |
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| (*) Interview réalisée par Jean Christophe pour l'Union Bouddhiste de France | |||
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Digha Nikaya (site "Acces to insight")
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Wisdom publications
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| © Union Bouddhiste de France 2001 | |||||||||
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