Emission Voix Bouddhistes du 1er Juillet 2001
Cérémonies de commémoration du 750ème anniversaire de l'entrée dans le nirvana de Dogen Zen-Ji

Reportage à La Gendronnière

 

Maître Otake
Maître Otake - Photo : Ulf Andersen

 
 
 
 

L'émission de la semaine est consacrée à un événement sans précédent dans l'histoire du bouddhisme zen en Europe : la visite en France d'une délégation officielle de la Sotoshu, à l'occasion du 750ème anniversaire de l'entrée de maître Dogen dans le nirvana, les 16 et 17 juin 2001, au temple zen de la Gendronnière.

Pas d'interview cette semaine, mais un reportage photos destiné à tous ceux qui n'ont pas pu participer à ces cérémonies. Nous vous proposons également quelques éléments de la biographie de Maître Dogen, extraits de l'ouvrage "Cent clés pour comprendre le zen" publié par Claude Durix aux éditions du Courrier du Livre.


Retrouvez également en ligne les adresses de sites liés à l'émission de la semaine
ainsi que toute l'information sur les livres présentés cette semaine.

 
 
 
 

Reportage photos

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Photo : Ulf Andersen
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Photo : Ulf Andersen
 
     
 

La Gendronnière
La Gendronnière

 
     
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Photo : Ulf Andersen
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Photo : Ulf Andersen
 
 
 
 
Biographie de Maître Dogen (*)
 
 
Promis à un brillant avenir, Dogen préféra très tôt étudier et pratiquer le zen Rinzaï sous la direction de Maître Myôzen.
 

Né en 1200 près de Kyoto, Dôgen était issu d'une grande famille. Il descendait en ligne directe, à la huitième génération de l'Empereur Murakami. Il semblait promis à un brillant avenir, mais son père mourut quand il avait trois ans et sa mère quand il en avait sept. Elevé par un oncle, il entra à treize ans dans les monastères du Mont Hiei, citadelle alors du cléricalisme, du formalisme, de l'arrivisme. Son nom et sa famille poussèrent ses Maîtres de l'époque à lui faire miroiter les honneurs et les bénéfices d'une haute carrière ecclésiastique. Un temps séduit, le jeune Dôgen comprit très vite qu'il faisait fausse toute, quitta le Mont Hiei, ses pompes et ses oeuvres et se réfugia dans la pauvreté du Zen que le Maître Eisai venait de ramener de Chine. Il s'agissait du Zen Rinzai qu'il étudia très profondément, surtout sous la direction du Maître Myôzen, successeur de Eisai qui était mort lorsque Dôgen avait seize ans.

 
       
       
       
       
Au cours d'un voyage en Chine, il rencontre Maître Nyôjo qui lui fait découvrir l'école Soto et l'amène à l'illumination.  

Avec Myôzen, Dôgen allait réaliser la grande aventure de cette époque : le voyage en Chine. Ce n'était pas une petite affaire : les traversées étaient dangereuses, le séjour éprouvant et la plupart de ceux qui partaient ne revenaient jamais. Myôzen lui-même, mourut presque à son arrivée en Chine.

Il semble qu'au début, Dôgen fut déçu par ce qu'il trouva dans les monastères chinois. Surtout la mauvaise haleine et la saleté des moines le dégoûtèrent. C'est sans doute pour cela qu'il insista tant, dans son oeuvre plus tard, sur les principes d'hygiène. Il vagabonda donc un peu, mais finit par trouver son Maître, le vieux Nyôjo qui lui fit découvrir l'école Sôto du Zen dont il allait être l'introducteur au Japon. Il resta quatre ans avec Maître Nyôjo qui l'amena à l'illumination.

 
       
       
       
       
Dogen a 27 ans quand il retourne au Japon. Suivant les conseils de Maître Nyôjo, il s'installe à l'écart de la société près de Kyoto où il rédige son oeuvre maîtresse, le Shobogenzo.  

" Je pratiquais zazen jour et nuit, écrira plus tard Dôgen. Certains moines abandonnaient, par peur de tomber malades, mais moi, je pensais : je continuerai à pratiquer, même si je dois mourir. Si je ne pratique pas zazen, à quoi sert de vivre longtemps ? "

Cette rigueur, envers lui, comme envers les autres, est un trait de son caractère. Elle ne marquera pas seulement ses jeunes années, mais le suivra toute sa vie. Elle imprégnera son oeuvre.

Maître Nyôjo donna à Dôgen le certificat de transmission et lui demanda d'être son successeur. Mais il déclina cet honneur, pour ne pas désobliger ses frères chinois.

Il se retrouva au Japon à vingt-sept ans, emportant les conseils de son Maître.

" De retour dans votre pays, éduquez les gens et sauvez-les. N'habitez pas dans les villes et villages. Ne vous approchez d'aucun souverain ou ministre. Vivez seulement dans les montagnes lointaines ou les vallées isolées et ne formez qu'un disciple ou deux. Préservez la continuité de votre école. "

Ce magnifique programme, Dôgen le suivra à la lettre. Après plusieurs essais, il fonde à l'écart de Kyôto, un Temple où il restera dix ans et où il écrira son oeuvre maîtresse, le Shôbogenzo.

 
       
       
       
       
En 1244, contraint de quitter la région de Kyoto, il fonde le Temple de la Paix Eternelle à Ehei-ji, qui est encore aujourd'hui le siège de l'école Soto.  

Mais Dôgen dut finalement partir de la région de Kyoto. Les moines " professionnels " des branches anciennes du bouddhisme japonais, les intrigants de la cour toute proche, les jaloux qui n'aimaient pas voir leurs femmes s'émanciper sous l'influence de ce jeune Maître, multiplièrent les difficultés sociales, administratives, gouvernementales.

Il partit très loin, dans l'Est, dans la montagne au bord de la mer de Chine où il fonda en 1244 le Eihei-ji, le Temple de la Paix Eternelle. C'est la maison-mère de la branche Soto. Encore actuellement, c'est toute une expédition pour y aller.

Eihei-ji
Le Temple de la Paix Eternelle (Eihei-ji)

 
       
       
       
       
Dogen s'éteint en 1253 à l'âge de 53 ans. C'est son plus proche disciple Ejo qui lui succède.  

En 1234 lui était venu son disciple et fidèle serviteur Ejo qui lui succéda. Grâce à Ejo, nous connaissons mieux Dôgen dont il rassembla et nota fidèlement les paroles, les sermons, les enseignements.

Dôgen passa ainsi le reste de sa vie dans ces montagnes, mis à part un bref séjour de huit mois probablement pour des raisons diplomatiques, à Kamakura, capitale du gouvernement militaire.

En 1253, malade, il alla se faire soigner à Kyoto. C'est là qu'il mourut le 28 août à 53 ans.

 
       
       
       
       
On redécouvre encore aujourd'hui des vérités qu'il avait expérimentées il y a sept siècles, comme l'influence de la posture sur la pensée, le non-dualisme de l'esprit et de la matière, les relations de l'être et du temps.  

Poète, philosophe, prédicateur, éducateur, moraliste, métaphysicien, psychologue, aventurier, organisateur, artiste, sociologue, Dôgen est une figure extrêmement attachante : il est vraiment le Maître idéal, et il est surtout un Maître moderne. Son enseignement, ses directives sont toujours d'actualité. Même d'un point de vue scientifique pur, on redécouvre maintenant des vérités qu'il avait expérimentées il y a sept siècles, comme l'influence de la posture sur la pensée, le non-dualisme de l'esprit et de la matière, les relations de l'être et du temps. Il nous dit tout cela avec cette même modestie qui lui faisait répondre, lorsqu'on lui demandait à son retour de Chine ce qu'il avait appris là-bas ::

" Je n'ai pas appris grand-chose : j'ai seulement acquis une certaine souplesse d'esprit. "

Maître Dogen
Maître Dogen

 
       
       
       
       
(*) Extraits de l'ouvrage "Cent clés pour comprendre le zen", publié par Claude Durix au Courrier du Livre
 
 
 
 

Adresses de sites liés à l'émission de la semaine

     
     
Site officiel du zen soto au Japon

Site officiel de la Sotoshu (Zen Soto) au Japon
(en anglais et en japonais)

http://www.sotozen-net.or.jp/index.html

     
     
     

Site du temple zen de la Gendronnière
(en français et en anglais)

http://www.zen-azi.org/html/gendro_f.html

Grande cloche de la Gendronnière
     
     
     
     

Information sur les livres présentés lors de cette émission

Les ouvrages mentionnés peuvent être commandés en ligne, avec paiement sécurisé.
Il suffit d'activer le lien correspondant.

 
 

Shobogenzo
yui butsu yo butsu shoji
Dogen
Editions Encre Marine

 

 

Dans ce livre, Dôgen, maître zen 'japonais du XIII"" siècle, s'entretient avec ses disciples. Il leur dit d' abord :

Seul Bouddha connaît Bouddha : combustion totale. En d'autres termes, seule la Vérité connaît la Vérité ; harmonie parfaite.

Quand la Vérité est connue, se produit cet évènement bouleversant appelé éveil. L'éveil est toujours et déjà là. Cette reconnaissance a lieu en ce monde, "l'Univers entier" et avec lui. Il n'est autre que notre "corps véritable".

Il leur dit ensuite que naissance et mort, "vie-mort," sont non seulement les événements extrêmes de notre traversée mais aussi le dynamisme même de notre corps, l'univers. Samsara est nirvana. Laissons le monde s'accomplir et accomplissons-nous avec lui.


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Shobogenzo
 
 
 

Shobogenzo
uji

Dogen
Editions Encre Marine

 

Dans Uji, Dôgen communique son expérience, que "être" (ou existence) et "temps" sont synonymes.

"Etre" sous tous ses aspects n'est autre que "temps". Le comprendre, comprendre "être temps', c'est comprendre la réalité ultime. Comprendre la réalité ultime, c'est comprendre le Soi véritable. Telle fut l'expérience de Dôgen lorsqu'il atteint l'éveil dépouillant corps et esprit".

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Shobogenzo
 
 
 

Poèmes zen
Traduction de Jacques Brosse
Calligraphies de Hachiro Kanno

Maître Dogen
Editions Albin Michel

 

Maître Dôgen (1200-1253) , introducteur au Japon du Zen Sôtö, philosophe et poète est reconnu comme l'un des plus grands maîtres du zen. Son œuvre fait partie du patrimoine littéraire et spirituel de l'humanité, notamment son "Shobôgenzô", le "Trésor de l'œil du véritable Dharma" et les merveilleux poèmes de son Sanshö Dôei - les Chants de la Voie du pin parasol, dont quelques uns sont ici présentés.

Faisant pour la première fois usage du japonais dans les écrits bouddhiques, Dôgen a crée un nouveau style, composé de formulations saisissantes, souvent paradoxales.

Historien des mentalités religieuses, et des mythologies, ancien disciple du maître zen Deshimaru, Jacques Brosse s'est consacré à la traduction des poèmes de Dôgen dont la profondeur et l'intensité ne cessent de l'émerveiller.

Inspiré par la beauté et l'esprit de cette poésie qui lui est tant familière, la calligraphe et peintre Hachiro Kanno, nous propose de découvrir, au travers de sa technique du trait, un univers où création artistique et valeurs spirituelles se rejoignent pleinement.



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Poèmes zen
 
 
 

Le zen de Dogen
Enseignement oral de Maître Deshimaru
Editions AZI

 

Les neufs textes présentés dans cet ouvrage sont un panorama complet de l'enseignement que Maître Deshimaru transmit durant les quinze années de sa mission en Europe.

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Le zen de Dogen
 
 
 

Dogen - Instructions au cuisinier zen
Editions Le Promeneur


 


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Instructions au cuisinier zen
 
 
 

Dogen - Corps et esprit
Editions Le Promeneur


 


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Corps et esprit
 
 
 
© Union Bouddhiste de France 2001