Emission Voix Bouddhistes
du 27 Mai 2001
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Après un reportage consacré au Vesak, l'émission a permis d'aborder le thème de la transmission maître - disciple. C'est ce thème de la relation maître - disciple qui est approfondi dans l'interview réalisée pour le site.
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A côté
de l'initiation, il existe d'autres types de transmissions maître
- disciple, mais moins codifiées.
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Voix bouddhistes - Existe-t-il d'autres types de transmission que celles dont vous avez parlé pendant l'émission ? Il est par exemple parfois question de transmission d'esprit à esprit dans le bouddhisme tibétain Lama Tcheuki - Ce sont des choses qui peuvent exister,
mais elles ne sont pas codifiées. Ce qui est codifié,
c'est la transmission par les initiations. La transmission d'esprit
à esprit par exemple reste libre, alors que la transmission telle
qu'elle est encadrée par la tradition, c'est la transmission
par les initiations. |
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| La transmission, c'est quand il n'y a plus de séparation entre le maître et le disciple. |
Voix bouddhistes - Dans le bouddhisme tibétain, le cur de la pratique est le guru yoga Lama Tcheuki - Oui, c'est le cur de la pratique. D'une certaine manière, toutes les pratiques sont des formes de guru yoga, dans la mesure où toutes les pratiques relient l'esprit du disciple à l'esprit du maître. Voix bouddhistes - Dans le bouddhisme zen, on ne parle pas forcément de guru yoga, mais il y a bien cette notion d'un seul esprit entre l'esprit du disciple et l'esprit du maître. Dokan Crepon - Tout à fait. C'est le fondement de la relation maître - disciple. " Un seul esprit ", " Un esprit, un Bouddha " (" Ishi Niboutsou ") : ce sont des formules qu'on retrouve toujours dans le zen. Voix bouddhistes - L'accent est mis sur la non-dualité dans ces formules. Dokan Crepon - Oui. La transmission, c'est justement quand il n'y a plus de séparation entre le maître et le disciple. Lama Tcheuki - C'est la même chose dans le bouddhisme tibétain. Un synonyme pour la réalisation, c'est quand l'esprit du disciple se fond dans l'esprit du maître. |
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| L'ami spirituel, c'est le maître dans le cadre des soutras. Le lama, c'est le maître dans le cadre des tantras. | Voix bouddhistes - Et qu'entend-on
par le terme d'ami spirituel ?
Lama Tcheuki - Ce sont deux choses différentes. L'ami spirituel, c'est le maître dans le cadre des soutras, c'est à dire principalement du hinayana et du mahayana. Et le lama, qui est un autre terme que l'ami spirituel, c'est le maître dans le cadre des tantras. C'est la traduction de guru dans ce cas. Voix bouddhistes - Pouvez-vous préciser la différence ? Lama Tcheuki - La différence, c'est que dans la tradition des tantras, la relation au maître est considérée comme plus étroite, et qu'il y a ce système des initiations, qui codifie la transmission de la bénédiction, et qui est peu utilisé dans les soutras. Dokan Crepon - Le terme ami spirituel est également utilisé dans de nombreux sermons zen, mais au sens de l'ensemble des co-disciples. Maître Eno, quand il commence ses sermons, dit " amis spirituels ", en utilisant le terme sanskrit qui veut dire " amis spirituels ". Dogen insiste toujours : " Ayez de bons amis spirituels ". Voix bouddhistes - C'est davantage lié à la Sangha dans ce cas. Dokan Crepon - Oui. Mais on a un peu donné l'impression à travers la transmission, qu'il y a le maître et le disciple. En fait il y a plusieurs maîtres. Ici en Occident le bouddhisme est nouveau, mais quand on va au Japon, les gens demandent : " Combien est-ce que vous avez rencontré de maîtres ? " Même si ce n'est pas son maître, il va se passer quelque chose dans l'apprentissage. D'autre part, même dans le zen, ce qu'on sait moins c'est qu'il y a des maîtres spécialistes de cérémonies, des maîtres spécialistes de la méditation, des maîtres spécialistes des soutras Ici, on résume un peu tout à zen et zazen, ce qui est vrai, mais c'est aussi plus vaste.
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| Ce qui est important dans la relation maître - disciple, c'est de garder son bon sens ! |
Voix bouddhistes - Le maître, c'est quelqu'un envers qui le disciple a une certaine vénération, dans toutes les traditions. En même temps c'est important de garder sa spontanéité dans la relation qu'on a avec lui. Comment combiner ce respect et cette spontanéité ? Dokan Crepon - Il n'y a pas de règle, c'est différent pour chaque personne. Par exemple avec Maître Deshimaru : beaucoup d'enseignants du zen ont été disciples de Deshimaru, chacun a eu une relation différente avec lui. La relation que j'ai avec maître Hegawa est également différente. Je ne pense pas qu'on peut normaliser. Voix bouddhistes - Lama Tcheuki, quel conseil donneriez-vous sur ce point ? Lama Tcheuki - Je pense que le conseil que je donnerais, c'est de garder son bon sens. Ca me paraît essentiel. Garder son bon sens, garder les pieds sur terre, ne pas trop rêver, ne pas fantasmer, et à ce moment là tout se passe bien. Dokan Crepon - Je suis d'accord !
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| (*) Interview réalisée par Jean Christophe pour l'Union Bouddhiste de France | |||