Emission Voix Bouddhistes
du 18 Février 2001
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L'émission de cette semaine est consacrée au thème de l'éveil et de l'illusion. Olivier Wang Genh, qui dirige le temple zen de Weiterswiller en Alsace, y précise notamment les liens qu'entretiennent les notions d'éveil graduel et d'éveil immédiat, et met en garde contre toute référence à l'éveil qui serait déconnectée de la pratique : "Le savoir c'est l'illusion. L'interview qu'il nous a accordée pour le site de l'UBF est l'occasion de mieux connaître le temple zen de Weiterswiller, et de découvrir à travers cet exemple le rôle qu'un temple bouddhiste peut être amené à jouer en zone rurale.
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| Olivier Wang-Genh pratique le Zen depuis 1973. Ancien disciple de Maître Deshimaru, il est aujourd'hui un des responsables de l'enseignement au Temple Zen de la Gendronnière et dirige le centre Zen de Strasbourg. Depuis de nombreuses années, à travers des conférences et des sesshins, il continue de diffuser l'enseignement de son maître en Europe. Depuis 1999 il se concentre sur la fondation du Temple Zen Ko san ryu mon ji à Weiterswiller dont il est le responsable. | |||
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Le premier objectif
c'était de sortir de la ville pour offrir un lieu où les moines et nonnes
peuvent vivre en permanence sans être pour autant coupés du monde social.
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Voix bouddhistes - Après cette émission consacrée à l'éveil, je te propose d'aborder le sujet du temple bouddhiste, plus particulièrement dans la tradition du zen. Peux tu nous parler du temple que vous avez récemment construit en Alsace ? Olivier Wang-Genh - C'est un vieux projet qui a enfin été réalisé il y a maintenant presque 2 ans. L'idée, c'était de créer dans les Vosges du nord un lieu de pratique, un temple proche de la nature, à l'écart de la ville. Il y a déjà un centre assez important à Strasbourg même, donc en ville, et le premier objectif c'était de sortir de la ville pour offrir un lieu où les moines et nonnes peuvent vivre en permanence sans être pour autant coupés du monde social. Certains continuent à travailler, à avoir une activité sociale en ville ou autour du temple. Le deuxième point, c'est de permettre à des gens de toute la région, et même d'ailleurs, de pouvoir venir pratiquer dans un temple zen pendant un temps donné. Ca peut être un week-end, comme 15 jours, comme un mois, 6 mois même, il y en a qui sont restés plus longtemps. Et le troisième enfin, c'est de pouvoir organiser dans cet endroit nos sessions de pratique, ce qu'on appelle les sesshins, et qui sont des périodes de pratique intensive qui regroupent toute la sangha de l'est de la France et du sud de l'Allemagne. On fait là des sesshins où il y a à chaque fois entre 50 et 80 ou 90 personnes, chaque mois. |
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| Il nous est arrivé d'accueillir des gens qui n'avaient jamais pratiqué zazen. L'important c'est de suivre toutes les activités du temple du matin jusqu'au soir. |
Voix bouddhistes - Peux-tu donner des détails pratiques ? L'adresse, comment est-ce que les gens doivent vous contacter avant d'y aller, est-ce qu'on peut arriver à l'improviste, ... Olivier Wang-Genh - L'adresse, c'est 7 rue du Chateau d'Eau, 67340 à Weiterswiller. C'est donc à côté d'une petite ville qui s'appelle Bouxwiller. C'est à peu près à une demi-heure de Strasbourg, parce qu'il y a l'autoroute, donc une voie d'accès rapide. Evidemment, si on souhaite venir, ne serait-ce même que pour une journée ou deux, c'est bien de nous appeler avant pour qu'on puisse préparer, donc il faut nous téléphoner au 03 88 89 26 02. Voix bouddhistes - L'accès à ce temple est-il réservé à celles et ceux qui ont déjà des bases de pratique de la méditation ? Olivier Wang-Genh - Non. Bien sûr c'est un lieu qui est destiné à la pratique du zen. Mais il nous est arrivé d'accueillir des gens qui n'avaient jamais pratiqué zazen. Simplement ils viennent dans l'esprit de s'harmoniser complètement avec la pratique du temple. C'est à dire de suivre toutes les activités du temple du matin jusqu'au soir, et même après le coucher, d'avoir cet état d'esprit de s'harmoniser avec les autres, de suivre les règles de base d'un temple zen. |
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| Il y a le zazen, il y a le samu, il y a le moment des repas, et les choses s'enchaînent comme ça naturellement les unes aux autres sans qu'il y ait de coupure. |
Voix bouddhistes - J'imagine que le samu occupe une place importante... Olivier Wang-Genh - Le samu, c'est une des activités importantes de ce temple. Il y a plus d'un hectare de terrain, avec un potager, un bout de forêt, etc... Donc c'est un des aspects importants de la pratique que de s'en occuper. Ca permet d'avoir une activité commune, et c'est vraiment l'activité traditionnelle des temples zen. Il y a le zazen, il y a le samu, il y a le moment des repas, et les choses s'enchaînent comme ça naturellement les unes aux autres sans qu'il y ait de coupure. C'est pour ça qu'on dit que dans un temple on pratique 24h sur 24. Voix bouddhistes - Il y a aussi une dimension sociale, c'est aussi un moment où on est avec les autres et on travaille avec eux. Olivier Wang-Genh - Ca je pense que ça va se faire dans un deuxième temps, puisque c'est aussi une de nos préoccupations, ce lien entre un temple et la vie sociale. Permettre à des gens qui ont une activité sociale de pouvoir résider dans un temple, c'est déjà d'une certaine manière un début. Mais pourquoi pas, dans les années à venir, développer cet aspect là et d'organiser à partir du temple des manifestations qui peuvent permettre à un moment donné d'aider sur certains aspects le monde social et la pratique du zen. |
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| Il y a maintenant un lien de sympathie et de confiance qui s'est crée avec la population locale. |
Voix bouddhistes - Comment s'est passée pratiquement cette installation ? Olivier Wang-Genh - C'est un petit village qui fait 500 habitants... Au départ, on avait autant d'inquiétudes que les gens du village eux-mêmes. Petit à petit, les gens ont je crois d'une manière assez simple, vu qu'on est des gens normaux, on n'est pas des gens qui font des choses extravagantes ou bizarres, c'est très ouvert. On a organisé quelques journées où les gens pouvaient venir visiter le temple, les activités. Et puis on a des contacts naturels maintenant avec le village : on fait nos courses à la boulangerie, à la boucherie, on fait garder les enfants chez les nourrices du village, etc... Le tout fait qu'il y a un lien de sympathie et de confiance je crois qui commence à se créer. La meilleure preuve que j'ai eu de ça, c'est que dernièrement, des gens du village sont venus me demander de faire une cérémonie pour un enfant qui était très gravement malade, qui a une leucémie, ils sont venus et ils m'ont dit : "Est-ce que dans le bouddhisme vous avez aussi une cérémonie pour aider les gens ?" J'ai été très touché. Et on a fait ce qu'on appelle un kito, une cérémonie pour aider des gens en difficulté. Ce sont les gens qui sont venus demander quelque chose, et pour moi c'est très important, connaissant les alsaciens, qui sont des gens de nature plus que réservée ! Ca a été un très bon signal. |
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| (*) Interview réalisée par Jean Christophe pour l'Union Bouddhiste de France | |||
| Il existe de nombreux dojo zen en province. La liste ci-dessous répertorie quelques uns de ceux qui possèdent un site internet. Se reporter également à la liste complémentaire de dojos zen publiée à l'occasion de l'émission du 17 décembre 2000. | ||
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Dojo zen d'Amiens |
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Dojo zen de Nice
http://www.dojonice.org/ |
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Groupe zen de Parthenay
http://194.250.166.236/creparth/Dojozen/index.htm |
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Temple zen de Weiterswiller
(Ko san ryu mon ji)
http://www.kosanryumonji.org/ |
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